Le projet d'instaurer un Maghreb économique unifié est remis au goût du jour. Le Maroc vient de lancer, à l’occasion d’une conférence sur l’agriculture maghrébine à Fès, un appel pour la création d’une zone de libre échange entre les cinq pays de l’Union du Maghreb Arabe (UMA). Une opportunité qui permettrait à la région de bénéficier d’un manque à gagner chiffré à des dizaines de milliards de Dh. “L’objectif est d’assurer aussi la sécurité alimentaire dans le Maghreb”, explique Aziz Akhannouch, Ministre marocain de l’Agriculture.

L’accélération d’une zone de libre échange entre les pays du Maghreb s’impose aussi au regard du processus de libéralisation en cours au niveau mondial, avait notamment prôné M. Akhennouch. Pour lui, l’agriculture devrait occuper une place stratégique dans le processus de libre échange à mettre en marche.

Même son de cloche chez le Secrétaire général de l’Union du Maghreb Arabe (UMA), Habib Ben Yahia, qui a appelé à la valorisation de la coopération maghrébine.

Tensions politiques

Le commerce entre les pays du Maghreb représente à peine 4% des échanges extérieurs du Maroc, de la Tunisie, de l'Algérie et de la Mauritanie, selon des études internationales. La responsabilité en est imputable aux différends politiques et aux mesures protectionnistes de certains pays du Maghreb. Un contexte qui a un impact profond sur la coopération économique intermaghrébine.

Le think-tank britannique de l'Oxford Business Group n’y est d’ailleurs pas allé par quatre chemins en avril dernier, considérant que les échanges commerciaux entre les pays du Maghreb restent limités à cause du contentieux entre Rabat et Alger qui “présente un sérieux obstacle à la libéralisation du commerce régional”.

En effet, l’UMA , mise en place en 1989, achoppe constamment sur les divergences politiques, notamment entre Maroc et Algérie, sur fond de question du Sahara.

Toujours est-il que les enjeux et les défis sont multiples et le Maghreb économique est aujourd'hui une nécessité vitale. C’est une urgence absolue en raison d’une conjoncture mondiale marquée par la constitution de groupements économiques intégrés (U.E, NAFTA, Asie du Sud-Est, Mercosur…).

Pour des économistes, le secteur privé est appelé à jouer un rôle de premier plan pour appuyer le processus de la complémentarité économique des pays de l’union maghrébine.

Les créneaux de l’énergie, l’agriculture, l’agroalimentaire, le tourisme, l’environnement, le secteur bancaire et l’infrastructure, sont retenus comme des niches porteuses pour les entreprises maghrébines.
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