Le parachutiste français Michel Fournier a reporté d'un jour lundi sa tentative d'établir le record mondial de chute libre en sautant de 40.O00 mètres d'altitude dans l'ouest canadien, assurant que le prochaine fois sera la bonne.

"Aujourd'hui, comme pour le lancement d'une navette spatiale, c'est un essai, demain ce sera la bonne", a déclaré Michel Fournier, parachutiste de 64 ans comptant, plus de 8.600 sauts à son actif et détenteur du titre français du plus haut saut en parachute depuis 12.000 mètres.

Michel Fournier avait déjà dû reporter la réalisation de son rêve en 2002 en raison des conditions météorologiques et en 2003 à la suite d'une déchirure de la toile du ballon stratosphérique peu avant le départ. Toutes ces tentatives ont eu lieu à North Battleford, petite localité du centre de la Saskatchewan, province céréalière de l'ouest canadien.

Dans la nuit de dimanche à lundi, son équipe a dû décaler de plus de deux heures le lancement de l'opération, en raison d'un couvert nuageux persistant, ce qui a retardé la préparation du parachutiste de 64 ans.

Peu avant 6H30 (12H30 GMT), Michel Fournier a commencé sa dénitrogénation, procédure qui vise à purger l'azote de son organisme afin d'éviter le risque d'une embolie pendant la chute libre.

Cette opération dure deux heures ce qui implique que le décollage ne pouvait avoir lieu avant 8H30 (14H30 GMT). Or à 7H30 (13H30 GMT), les vents se sont levés et soufflaient à quelque 20 km/h au moment où la décision de report a été prise.

"Toute la préparation a été excellente ce matin. Pour nous c'est un confort. On se sent plus habile pour demain parce qu'on a eu une très bonne répétition. On est bien rodé", a assuré Francine Gittins, porte-parole de M. Fournier.

S'il avait décidé de se préparer pour le saut alors que les nuages persistaient, le parachutiste aurait pris le risque de sauter sans que les caméras puissent le filmer.

La tentative de Michel Fournier est suivie par un dispositif sophistiqué de caméras intégrées à des télescopes devant permettre l'analyse du saut, notamment lorsque le parachutiste doit franchir le mur du son à 35.000 mètres d'altitude.

L'équipe de Fournier, qui comprend une quarantaine de personnes originaires de cinq pays (France, Canada, Brésil, Etats-Unis, Grande-Bretagne), table désormais sur un départ vers 4H00 du matin mardi (10H00 GMT) afin d'éviter le vent du matin qui souffle sur les prairies canadiennes.

Un ballon géant gonflé à l'hélium doit hisser sa nacelle pressurisée à une altitude de 40.000 mètres. Au terme de cette ascension de plus de deux heures, le parachutiste doit sauter dans le vide, pour chuter pendant une dizaine de minutes.

S'il réussit le saut de sa vie, Michel Fournier établira quatre records du monde: celui de la vitesse en chute libre (1.500 km/h), de la durée de la chute libre, de l'altitude du saut, ainsi que de l'altitude de vol humain sous un ballon.

Avant lui, en 1960, le capitaine américain Joseph Kittinger avait sauté de 31.333 mètres dans le cadre d'une expérience médicale. Même si ce record n'a pas été homologué officiellement, il demeure l'étalon des parachutistes.

"C'est une grande première depuis Joe Kittinger en 1960, il y a eu une vingtaine de projets dans le monde mais aucun n'a abouti. Sans être prétentieux je pense que demain (mardi) je vais décoller à 4H00 du matin et prouver que c'est possible de sauter à 40.000 mètres...", a déclaré Michel Fournier.

Joseph Kittinger lui a souhaité bonne chance lundi tout en l'avertissant que "c'est un environnement très hostile là-haut" et qu'il lui faudrait s'assurer que "tout soit parfait" avant de tenter son Grand Saut.
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