C'est une bonne nouvelle pour les baleines sud-américaines. Alors que s'ouvrait, lundi 23 juin à Santiago du Chili, la réunion annuelle de la Commission baleinière internationale (CBI), la présidente chilienne, Michelle Bachelet, a annoncé qu'"aucun cétacé ne pourra être chassé dans les eaux territoriales chiliennes". Mais l'avenir des cétacés originaires d'autres régions du globe reste, lui, plus incertain. Malgré un moratoire sur la chasse commerciale à la baleine décidé en 1986 par la CBI, plus de 30 000 d'entre elles ont été tuées depuis, sous couvert de "chasse de subsistance", en Norvège ou en Islande par exemple, ou de "chasse scientifique", comme au Japon.
La CBI, créée en 1946 et composée de plus de quatre-vingts pays, est divisée entre pourfendeurs et défenseurs de la chasse. Pour François Chartier, de la campagne "Océans" de l'association Greenpeace, "les pro-chasse, Japon en tête, militent pour la levée du moratoire alors que les anti-chasse, comme les Sud-Américains, œuvrent pour créer un sanctuaire pour les baleines dans l'Atlantique sud". Mais ces propositions ont peu de chance d'aboutir, devant être approuvées par une majorité des trois quarts des membres de la CBI. Pire, "ces sujets sont si conflictuels qu'ils ne seront sans doute même pas débattus lors de cette réunion", déplore M. Chartier.
L'AVENIR DE LA CBI EN QUESTION
Du coup, les discussions devraient porter sur l'avenir même de la CBI. Là encore, les deux clans risquent de s'affronter en soutenant des projets bien distincts. Les pro-chasse vont militer pour que la CBI devienne une structure de "normalisation" de la chasse. Si tel était le cas, la CBI se cantonnerait à "gérer un quota de baleines destinées à être tuées et commercialisées en fonction des stocks existants", explique M. Chartier. A l'opposé, les pays pourfendeurs de la chasse vont œuvrer pour une "modernisation" de la CBI, que les associations de défense de la nature, comme Greenpeace, appellent de leurs vœux, "la CBI deviendrait alors une structure de protection qui prendrait en compte toutes les menaces qui pèsent sur les baleines". Mais la chasse n'est pas la seule en cause. Les cétacés se font également piéger dans les filets de bateaux de pêche, ils sont perturbés par leurs sonars et la pêche intensive de krill dont ils se nourrissent risque d'affecter leur alimentation.
Pour la première fois cette année, les organisations de défense de la nature ont été invitées à s'exprimer pendant la réunion de la CBI. Cinq minutes chacune. Et à la condition de n'évoquer que les questions relatives à l'avenir de l'institution, excluant, de fait, tout ce qui concerne l'épineux problème de la chasse. M. Chartier estime que "la modernisation de la CBI est la seule solution qui tienne la route. Mais réformer la CBI est un chantier très lourd qui ne sera probablement pas tranché à l'issue de cette réunion". Même si le moratoire de 1986 a permis de stabiliser les stocks de baleines, ces derniers restent préoccupants car largement inférieurs à ceux précédant l'avènement de l'ère industrielle.
Jonathan Parienté
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La CBI, créée en 1946 et composée de plus de quatre-vingts pays, est divisée entre pourfendeurs et défenseurs de la chasse. Pour François Chartier, de la campagne "Océans" de l'association Greenpeace, "les pro-chasse, Japon en tête, militent pour la levée du moratoire alors que les anti-chasse, comme les Sud-Américains, œuvrent pour créer un sanctuaire pour les baleines dans l'Atlantique sud". Mais ces propositions ont peu de chance d'aboutir, devant être approuvées par une majorité des trois quarts des membres de la CBI. Pire, "ces sujets sont si conflictuels qu'ils ne seront sans doute même pas débattus lors de cette réunion", déplore M. Chartier.
L'AVENIR DE LA CBI EN QUESTION
Du coup, les discussions devraient porter sur l'avenir même de la CBI. Là encore, les deux clans risquent de s'affronter en soutenant des projets bien distincts. Les pro-chasse vont militer pour que la CBI devienne une structure de "normalisation" de la chasse. Si tel était le cas, la CBI se cantonnerait à "gérer un quota de baleines destinées à être tuées et commercialisées en fonction des stocks existants", explique M. Chartier. A l'opposé, les pays pourfendeurs de la chasse vont œuvrer pour une "modernisation" de la CBI, que les associations de défense de la nature, comme Greenpeace, appellent de leurs vœux, "la CBI deviendrait alors une structure de protection qui prendrait en compte toutes les menaces qui pèsent sur les baleines". Mais la chasse n'est pas la seule en cause. Les cétacés se font également piéger dans les filets de bateaux de pêche, ils sont perturbés par leurs sonars et la pêche intensive de krill dont ils se nourrissent risque d'affecter leur alimentation.
Pour la première fois cette année, les organisations de défense de la nature ont été invitées à s'exprimer pendant la réunion de la CBI. Cinq minutes chacune. Et à la condition de n'évoquer que les questions relatives à l'avenir de l'institution, excluant, de fait, tout ce qui concerne l'épineux problème de la chasse. M. Chartier estime que "la modernisation de la CBI est la seule solution qui tienne la route. Mais réformer la CBI est un chantier très lourd qui ne sera probablement pas tranché à l'issue de cette réunion". Même si le moratoire de 1986 a permis de stabiliser les stocks de baleines, ces derniers restent préoccupants car largement inférieurs à ceux précédant l'avènement de l'ère industrielle.
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